01/07 : LE 13H DE BETTINA COUDERC @ RESTORE

Evaluations éthiques des essais cliniques en France : les leçons de la pandémie 2020.

Une étude clinique vise à démontrer une hypothèse scientifique chez l’homme, en se basant sur les connaissances actuelles de la science, afin d’apporter un bénéfice à des patients. Cette recherche doit être conduite dans le respect de règles éthiques qui sont en France codifiées dans le code de la santé publique. Les résultats de l’étude permettent alors de valider ou d’invalider l’hypothèse initiale et conduisent à des recommandations de prise en charge ou à la mise sur le marché de nouveaux médicaments.

En tant que chercheurs vous êtes peut-être amenés à utiliser des échantillons ou des données provenant de patients ou même être à l’origine d’une demande d’essai clinique interventionnelle ou non.

Après un rappel de la réglementation en vigueur concernant la recherche clinique, nous analyserons les moyens qui ont été développés pendant la pandémie. Entre le 5 février et le 30 juin 2020, 500 demandes d’essais cliniques ont été déposés en France. Cette frénésie a révélé des questions éthiques majeures sur les conditions de réalisation d’études cliniques. Cela amène à la nécessité d’une réflexion globale au niveau des chercheurs, des cliniciens, des évaluateurs (CPP et ANSM) et même du grand public afin d’assurer la sécurité de tous les patients qui se prêtent à la recherche clinique.

Pour en apprendre davantage

Bettina COUDERC

CERPOP, UMR 1295, Inserm, Université Paul Sabatier -Toulouse III, 

Equipe BIOETHICS

Institut Claudius Regaud, IUCT-Oncopole

Toulouse

24/06 : LE 13H DE CYRILLE DELPIERRE @ RESTORE

Environnement social, incorporation biologique et inégalités sociales de santé.

La France se caractérise par l’existence d’inégalités sociales de santé (ISS) marquée, les ISS pouvant être définies comme toute relation entre la santé et l’appartenance à une catégorie sociale. Ainsi sur la période 2012-2016, parmi les 5% les plus aisés, l’espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans contre 71,7 ans parmi les 5% les plus modestes, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes cet écart est de 8 ans. Les mécanismes expliquant ces inégalités ne sont que partiellement compris. L’étude de la construction de ces inégalités sociales de santé est l’objectif général de notre équipe.

Nos travaux se caractérisent par l’étude des déterminants sociaux de santé dont les mécanismes d’action sur la santé sont communs à de nombreuses pathologies. Nous ne nous concentrons donc pas sur l’étude d’une pathologie spécifique, mais explorons les phénomènes de santé qui jouent un rôle prépondérant dans le gradient social de santé, notamment les maladies chroniques, et en particulier les cancers. Une de nos originalités est de s’intéresser aux mécanismes par lesquels l’environnement social est biologiquement incorporé, au sens littéral du terme (concept d’incorporation biologique), et ainsi impacter le fonctionnement physiologique et à terme la santé.

L’objectif de ces recherches est d’expliquer la construction des ISS non seulement par des expositions physiques, chimiques et des comportements de santé socialement distribués mais aussi en montrant que l’environnement social peut modifier “directement” le fonctionnement biologique.

Cette présentation sera l’occasion de revenir sur ces différents éléments, en commençant par un bref état de l’art sur les ISS en France, leurs déterminants avant de se centrer sur les évidences concernant l’incorporation biologique de l’environnement social et des conséquences potentielles en termes de prévention et de prise en charge. »  

Pour en apprendre davantage

Cyrille DELPIERRE

chargé de recherche à l’Inserm (U1027, Inserm-Université de Toulouse III).

17/06 : LE 13H MH LACOSTE-FERRÉ, V SAMOUILLAN ET DE C LAURENT @ RESTORE

Structure physique et dynamique des protéines de la matrice extracellulaire.

Les principales macromolécules constitutives de la matrice extracellulaire – collagène, élastine, protéoglycanes et glycoprotéines de structure – essentielles à sa cohésion et à sa résilience ne sont pas de simples éléments de soutien, mais des constituants actifs évoluant en fonction de la physiologie et de la pathologie. Leur fonctionnalité est reliée à leur dynamique interne sur différentes échelles de temps et de longueur, en étroite relation avec l’eau.

De nombreuses techniques statiques ont permis d’évaluer les différents niveaux de structure dans les protéines à l’état déshydraté ou en solution, amenant à des relations structure/fonction biologique. Cependant, les analyses temporelles ou fréquentielles, qui ont montré leur capacité à sonder la dynamique de polymères ou de matériaux composites, méritent d’être adaptées à l’étude des polypeptides et protéines.

A travers des exemples variés (en particulier pour les tissus cardio-vasculaires et cutanés et les muqueuses), nous montrerons comment les techniques diélectriques et mécaniques, couplées à l’analyse thermique et vibrationnelle, permettent d’explorer la structure physique et la dynamique de systèmes biologiques de complexité croissante, à l’échelle nanométrique et mésoscopique. Nous verrons aussi comment les signatures vibrationnelles, thermiques, mécaniques et diélectriques collectées sur des protéines et tissus sains peuvent contribuer à la compréhension du vieillissement, de certaines pathologies et permettent l’optimisation de biomatériaux de substitution.

Pour en apprendre davantage

MH Lacoste-Ferré, V Samouillan et C Laurent

27/05 : LE 13H TECHNOLOGIQUE DE ZEISS @ RESTORE

La microscopie à Rayons X : quelle place dans la compréhension des mécanismes du vivant ?

Alors que le tissu adipeux médullaire (TAM) représente environ 10% de la masse adipeuse totale, ce dépôt reste très mal caractérisé chez l’Homme. Contrairement aux autres dépôts adipeux, la masse adipeuse médullaire est augmentée avec l’obésité mais aussi en situation de déficit énergétique (anorexie nerveuse ou restriction calorique) suggérant que les adipocytes médullaires (Ad-M) possèdent un métabolisme spécifique.

La microscopie à Rayons X (XRM) est une technique d’imagerie non destructive qui permet d’observer la structure interne et tridimensionnelle d’un échantillon en exploitant ses capacités d’absorption des rayons X. Encore peu répandue dans le domaine des sciences de la vie, nous présenterons l’applicabilité de la XRM aux tissus biologiques (tissus durs et mous) en donnant des perspectives de performances attendues en termes de contraste et de résolution.

En tenant compte de l’expertise dont l’unité dispose déjà pour l’imagerie 3D en fluorescence des modèles de vieillissement, nous montrerons comment l’utilisation de rapporteurs fluorescents peut aussi être exploitée en XRM afin de corréler les informations structurales qu’elle fournit avec les informations fonctionnelles obtenues en microscopie optique.

La mise à disposition de ces technologies ZEISS au sein de RESTORE devrait ouvrir la voie vers de nouveaux développements tels que la mise en place d’un workflow expérimental pour une analyse multi-échelle. L’obtention de données 3D voire 4D au cours du temps serait en effet pertinente pour établir la signature spectrale d’un tissu en lien avec son état global, dans un contexte d’étude de la perte de fonction liée à l’âge.

Ainsi, par leur capacité à libérer du cholestérol, les AM pourraient affecter les cellules à proximité comme les cellules tumorales prostatiques, aspects que nous étudions actuellement au laboratoire. Nos résultats préliminaires montrent que des cellules tumorales prostatiques cocultivées avec des AM accumulent des lipides neutres. Considérant la spécificité métabolique des AM (absence de lipolyse et métabolisme orienté vers le cholestérol), il sera donc important de déterminer la nature de ces lipides libérés et stockés dans les cellules tumorales ainsi que les mécanismes permettant leur libération.

Pour en apprendre davantage

Perrine BOREL & Nicolas GUENINCHAULT

Account manager & X-ray microscopy specialist